Etre heureux, ça se décide !

No Mad World Tour 2015 Norvège Lofoten Heureux

Etre heureux, ça se décide !

Etre heureux, qu’est-ce que c’est ?

Etre heureuse, pour moi, c’est comme ce soir, là, maintenant, à Rokua, au bord de ce lac finlandais, regarder ma fille faire du canoë, écouter le chant des oiseaux, le bruit du vent dans les pins et le clapotis de l’eau. C’est sentir la brise sur ma peau, l’odeur du sauna encore chaud et des galettes au sarrasin de Géraud.

Balade en canoë sur le lac dans le Rokua Geopark en Finlande

Etre heureuse, c’est pour moi, savourer l’instant présent, sans penser ni à hier, ni à demain et vivre pleinement chaque seconde de mon existence.

Pour cela, je porte l’attention sur ma respiration, l’air frais qui entre passionnément dans mes narines, tombe dans ma gorge, emplit mes poumons, gonfle ma poitrine, mon ventre, ouvre l’espace entre mes omoplates et l’air plus chaud qui sort par mes lèvres, vide mes poumons et me dégonfle dans un soupir de soulagement. J’inspire le monde qui m’entoure avec tous mes sens et me saoule de la plénitude de l’instant, à tout moment de la journée, que je sois en train de contempler le plus beau des paysages, de partager un moment de convivialité ou de silence, de faire la vaisselle ou l’amour. A l’inspire, je laisse ce monde m’emplir, à travers ce que je vois, ce que je sens, ce que j’entend, ce que je touche, ce que je goûte et sur l’expire, je le laisse se répandre en moi et je porte l’attention sur mes sensations physiques et mes émotions.

J’aime aussi bouger mon corps, faire du yoga, mon chi-gong ou simplement marcher, danser, m’étirer pieds nus le matin dans la rosée, aller marcher dans la nature, les bois, les forêts, courir avec mon chéri ou danser en préparant un bon petit repas. J’ai enfin besoin de moments de silence, d’isolement pour me poser, me retrouver et méditer.

Méditation au bord du lac

En plus, de ces petits moments du quotidien, j’ai envie de vous livrer mes 5 clés pour ne plus subir ma vie mais la vivre pleinement et être heureuse à chaque instant. Parce que être heureux, ça se décide, et ce quelles que soient les conditions extérieures !

Mes 5 clés pour décider d’être heureux

Arc-en-ciel vers Tidö sur les routes de Suède

Choisir sa destinée plutôt que de la subir

Selon Marc Aurèle, le fait de choisir notre destinée plutôt que de la subir nous rend plus heureux. C’est ce qu’il appelle l’Amor Fati et c’est ce que nous avons décidé de faire, en grands admirateurs de cet empereur et philosophe romain !

J’ai commencé à travailler en l’an 2000, à une époque où la crise rendait tout mouvant et incertain. Au milieu de ce chaos, j’ai vite compris que je ne trouverais pas mon bonheur dans le monde du travail, que ce n’est pas une entreprise ou un Etat quel qu’il soit, qui me garantirait confort et sécurité. J’ai très vite compris que ce n’est pas avoir toujours plus qui me rendrait plus heureuse mais être toujours plus. J’ai compris que comme nous ne cessions d’être de plus en plus nombreux sur notre planète Terre, si nous voulions être heureux ensemble, nous avions intérêt à apprendre vivre, communiquer et coopérer pour bâtir un monde meilleur et non violent. J’ai enfin compris que la meilleure façon d’être libre et heureuse dans ce chaos, c’était de sortir de ma zone de confort, de lâcher-prise et de faire confiance en la Vie, en l’Amour, en Dieu, quel que soit le nom qu’on lui donne. Et c’est ce que ce voyage sur les routes du monde me permet d’expérimenter.

conférence tipi à Colmar le 10 novembre 2015

Ecouter les sensations corporelles, messagères de l’âme

J’ai toujours su que je pouvais trouver à l’intérieur de moi les ressources, la stabilité, la force, la paix, l’harmonie et la joie dont j’avais besoin afin de ne pas dépendre de l’extérieur. La méditation, la danse puis Tipi m’ont permis de me reconnecter à mon corps, à mes sensations physiques et à mes émotions pour me mettre à leur écoute et m’en servir comme d’un véritable GPS. J’ai ainsi appris à accueillir les précieux messages de mon corps, sans m’y cramponner, sans en avoir peur, tout en me mettant à l’écoute des autres et en allant à leur rencontre plutôt que de les subir, les fuir ou les combattre ! J’ai compris que si je ne peux pas changer les choses ou les gens, je peux changer le regard que je pose sur eux.

J’ai appris à ne plus avoir peur du chaos mais à l’aimer, car c’est la Vie, l’énergie créatrice, libératrice, le creuset d’où peuvent émerger tous les possibles. J’ai appris à avancer fluidement, à continuer à danser ma vie en plein chaos, même quand tout s’effondrait, sans jamais perdre mon cap, ma direction, mon but et en m’abandonnant à ce qui est bien plus grand que moi, sans m’accrocher, résister, lutter, confiante qu’au bout du tunnel le meilleur m’attendait.

J’ai appris à grand frais que je ne suis pas toute-puissante et je suis devenue humble devant la mort. J’ai appris que je ne suis pas seule, que je suis guidée. J’ai commencé à relever les synchronicités, à écouter les signes, à demander de l’aide, à recevoir et à remercier !

No Mad World tour Norvège Tempête à Mefjordvaer

Surveiller ses pensées

Dr Wayne Dyer nous rappelle qu’Einstein a dit « la décision la plus importante que nous prenons est de qualifier l’univers dans lequel nous vivons d’amical ou d’hostile. »

C’est tellement vrai, surtout lorsqu’on voyage ! Si vous avancez dans la conviction de l’hostilité du monde qui vous entoure et à l’affut du danger qui peut survenir à chaque instant, vous pouvez être sûr que vous ferez l’expérience de cette hostilité. Si par contre, vous avancez dans la conviction d’un monde amical, persuadé de la bonté des gens et touché par la beauté du monde qui vous entoure, vous ne croiserez que des personnes prêtes à vous aider, vous accueillir, vous servir au delà même de tout ce que vous auriez pu imaginer et vous serez guidés vers les endroits les plus merveilleux comme par magie. Je vous le garantis. Nous en faisons l’expérience tous les jours, à chaque instant. Nous n’avons qu’à demander pour recevoir tout ce dont nous avons besoin, que ce soit, un endroit où se baigner, marcher ou dormir, une personne pour nous renseigner ou un rayon de soleil ! Nous avons l’impression d’être connectés en direct avec le grand ordinateur central de l’Univers. Mais attention, si nous changeons nos pensées et notre regard sur les choses, ces choses changent, pour le meilleur comme pour le pire !

Chaque action humaine commence par une pensée, une idée, une vision.

Si nous ne nous étions pas permis de rêver ce voyage, jamais nous ne serions en train de le vivre, là, maintenant et de le partager avec vous.

Nous savions que pour y arriver et être heureux, nous devions veiller sur nos pensées. Tout ce qui nous arrive, commence par une pensée. Si je pense à du négatif, il m’arrive du négatif. Si je pense à du positif, il m’arrive du positif. Si je vous dis de ne pas penser à un éléphant rose, qu’est ce que vous voyez ? Un éléphant rose, bien sur ! Il a ainsi fallu que nous lâchions nos peurs et nos pensées limitatives par rapport à l’argent pour que ce rêve puisse devenir réalité.

Si nous avions continué à penser que ce n’était pas possible de faire ce tour du monde financièrement, à cause du boulot, des enfants, jamais nous ne l’aurions réalisé. Il y a un moment où il faut décider d’être heureux, décider de changer ses pensées, se dire que c’est possible, y croire, demander de l’aide et recevoir.

A chaque fois, que nous sentions nos peurs revenir, nous nous rappelions notre slogan : « rien, ni personne, ne nous arrêtera ! »

No Mad World Tour Norvège - heureux sous le soleil des Lofoten

Apprendre à vivre dans l’insécurité

C’est la condition sine qua non pour être heureux ! Et ça aussi, nous l’avons bien compris et en faisons l’expérience tous les jours.

Il faut apprendre à se rendre, à baisser les armes pour être guidés par un principe plus grand que soi plutôt que par les désidératas de nos égo… Et ce n’est pas toujours facile d’arriver à ne pas trop faire de choses mais plutôt à laisser les choses se faire !

Il faut apprendre l’acceptation pour être heureux. J’ai renoncé à essayer de tout comprendre et compris que pour être heureuse, il fallait que je laisse le monde se dérouler, sans interférer parce que les choses arrivent selon un plan divin et que tout a un sens même si parfois je ne le comprends pas tout de suite…

Mais laisser faire ne veut pas dire ne rien faire ! Etre heureux et libre, comme dit Krishnamurti, c’est faire des choix et accepter les renoncements nécessaires. Il faut trouver le juste équilibre entre faire des choix, agir et lâcher prise, s’abandonner. Pour cela, il est primordial d’être clair avec ses désirs sans trop s’accrocher à eux. Ce qui m’aide, c’est de revenir aux besoins fondamentaux derrière mes envies, de voir comment je peux en prendre soin moi-même, les partager à mes compagnons de voyage ou les confier à l’Univers sans m’attacher aux stratégies pour les combler. Quand je livre mes désirs à l’Indescriptible, au Grand Chorégraphe, je ne fais plus rien que d’avoir la foi. J’ai l’assurance que le meilleur pour moi, pour nous, se produira. Je lâche-prise sur mon envie, mon désir (par exemple, arriver coûte que coûte jusqu’au Cap Nord), je reviens à mes besoins et je savoure la plénitude de ces besoins comblés (aventures, rencontres, partages, dépassement de soi). J’ouvre alors tous mes sens et je me connecte à l’Univers, à la Source Infinie, à l’Amour, à la Lumière car je sais que je recevrai tout ce dont j’ai besoin et bien plus encore si j’arrive à faire taire mes aspirations pour me laisser traverser par cette énergie parfaite, cette source inépuisable.

C’est ainsi en faisant taire mes exigences et en recevant avec gratitude les merveilleux cadeaux et surprises que m’offre chaque jour, que je suis pleinement heureuse et en paix.

Nuit dans une petite cabane avec sauna perdu au bord d'un lac en Finlande

Etre empli de gratitude pour tous les cadeaux inattendus de la vie

Etre heureux, c’est vivre dans la gratitude, comme en témoigne cette émouvante histoire que j’adore et que je viens de relire dans la Revue Happinez N° 10.

Au cours d’un voyage, la nonne bouddhiste Rengetsu cherchait un endroit où dormir. Personne n’ayant accepté de l’accueillir, elle fut contrainte de passer la nuit dehors, sous un cerisier. Au beau milieu de la nuit, elle fut réveillée par le froid. Un profond silence régnait autour d’elle, les fleurs de cerisiers resplendissaient au clair de lune et des lambeaux de brume parachevaient l’atmosphère mystique. Rengetsu en fut émue jusqu’aux larmes. Elle se leva et s’inclina en direction du village : c’est grâce à l’inhospitalité de ses habitants qu’elle était témoin de toute cette beauté.

En temps que nomades, (mais NO MAD, pas fous !), tous les soirs nous devons trouver un coin où nous arrêter avec le camion pour dormir. Maintenant, nous sommes quatre avec les enfants et il faut en plus que nous puissions planter une tente. Alors, quand le soir arrive, nous posons notre intention à l’Univers et laissons la magie opérer.

Voici les deux derniers exemples en date :

Dimanche soir, nous sommes en ville à Tampere, dans le Sud-Ouest de la Finlande, et pour le coup, nous n’avons même pas encore commencé à réfléchir où nous allions passé la nuit trop absorbés par la joie de retrouver nos amis finlandais Timo et Eija. Alors que nous leur faisons visiter le camion, Eija nous demande où nous allons dormir ce soir. Aucune idée, bien sur ! Elle est d’Helsinki et avait fait le déplacement pour venir nous voir mais elle connaît des amis de la danse qui ont retapé une ancienne école au Sud de Tampere lui semble-t-til. Elles les appelle et voilà qu’après un bon resto en ville, sans rien avoir demandé à personne, nous nous retrouvons dans le jardin d’un charmant couple de danseurs des 5 Rythmes chez qui nous avons, malgré notre arrivée tardive un dimanche soir, pris une douche et échangé autour d’une tisane en mangeant du chocolat et des myrtilles. Merci Eija et Pekka !

Lundi soir, après plus de 4 heures de route dans la région des grands lacs en remontant vers le Nord de la Finlande, nous sommes tous fatigués et demandons cette fois à l’Univers un joli spot où nous arrêter pour la nuit. A la vue d’un énième magnifique lac en cotre-bas de la route 63, Laurent tourne brusquement à droite sur une piste en terre. Nous mettons tous nos capteurs en marche et tous nos sens en alerte. Les pistes sont nombreuses et à chaque intersection, nous écoutons notre petite voix et suivons notre intuitions, nos guides ou la carte ! Nous arrivons finalement au bord d’un lac, dans un petit coin de paradis, le souffle coupé par tant de beauté. Il y a un refuge, des toilettes sèches et même un sauna ! Les garçons se mettent à faire le feu, les filles à ramasser champignons et myrtilles, le cœur empli de gratitude pour toute cette abondance.

Nous venons de faire une fois de plus l’expérience comme le dit un sage indien que « la vie nous comble de bienfaits à chaque instant. Lorsqu’on est absorbé par ses pensées, on ne les voit pas. Mais lorsqu’on accepte tout ce que la vie nous donne, on devient un bouddha. »

Ce soir là, nous étions quatre bouddhas bienheureux ! Et nous le sommes toujours puisque depuis hier soir, nous sommes arrivés à Rokua où pour 3 jours nous profitons d’un véritable toit et d’une maison tout confort ! Revenir ici, où nous étions restés un mois avec les enfants il y a 2 ans, au milieu de ces 4 mois de découvertes, c’était un peu comme revenir à la maison, retrouver un nid douillet et connu. Nous savourons ce petit intermède cocoon, tout à la joie de retrouver ou de découvrir pour Laurent, le cottage, le trampoline, les bateaux et les saunas !

Marianne SUBRA, Rokua, Finlande, mercredi 5 août 2015.

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